Avec environ 10,3% de croissance, la Chine demeure en 2010 le 1er contributeur à la croissance mondiale, et est devenu la 2nde économie mondiale, dépassant un Japon en récession. La croissance restera forte, maintenue par les moteurs essentiels que sont l’accumulation de capital, l’urbanisation et la transition vers l’économie de marché. A long terme, le géant asiatique se profile comme la 1ère puissance commerciale et industrielle du monde en 2050.
La mutation économique de la Chine a été extrêmement rapide depuis l’engagement du processus de réforme, il y a à peine plus de 30 ans. Au cours des deux dernières décennies, la croissance économique s’est établie en moyenne à près de 10%, rythme bien supérieur à celui de la croissance mondiale, et devrait continuer sur sa lancée pour quelque temps encore. La seule baisse réelle d’activité durant cette période a été enregistrée en 1989/90, après les événements de Tiananmen.
Une politique de rééquilibrage de la croissance a débuté en 2007, invitant la Chine à reconsidérer ses orientations et stratégies internes, et à prendre davantage en compte le capital humain que représentent ses 1,33 milliards d’habitants. En 2008, année des Jeux Olympiques, la Chine connaît son premier ralentissement économique après 10 années fastes ; elle est de plus inévitablement touchée par la crise internationale, en particulier par la récession américaine dont dépendent ses exportations. L’année 2009 s’est déroulée ainsi dans un contexte économique dégradé, dans un contexte sensible lié à la commémoration de plusieurs anniversaires symboliques (dont le 60ème anniversaire de la République Populaire). Néanmoins le plan de relance décrété par les autorités à la fin de 2008 a manifesté ses effets dès le 2ème trimestre 2009. La Chine fut ainsi le premier pays à montrer des signes de reprise. L’Exposition Universelle de Shanghai et les Jeux Asiatiques en 2010 ont permis à la Chine de démontrer sa place de puissance mondiale sur la scène internationale.
| Indicateurs | Chine | France |
| PIB | 5 879 Mds USD | 1 950 Mds EUR (env. 2 710 Mds USD) |
| Déficit public en % du PIB | -2,8% | 79% |
| Dette publique en % du PIB | 17,7% | 78,1% (en 2009) |
| PIB par habitant | 3 739 USD (chiffre 2009) | 30 400 EUR (env. 42 200 USD) |
| Taux de croissance | 10,3% | 1,6% |
| Taux d’inflation | 3,3% | 1,8% |
| Taux de chômage | 4,1% | 9,8% |
Sources : Commission Européenne, INSEE, DGTrésor, SER Pékin
Qu’est-ce que le développement durable ?
En 1987, le rapport Brundtland définit le développement durable comme : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Lors du sommet de la Terre à Rio, en 1992, trois « piliers » sont introduits : l’Environnement, le Social et l’Economique.
L’empreinte écologique Chine
L’empreinte écologique d’une population est l’ensemble des surfaces de terre et d’eau nécessaires pour produire les ressources consommées et assimiler ses déchets de manière continue, chaque milieu ayant ses limites. Aujourd’hui si la Chine a une empreinte écologique inférieure à la moyenne mondiale, celle-ci est néanmoins en croissance constante notamment du fait de l’urbanisation (1,2 ha en 1993, 1,6 ha en 2003, 2.2 en 2010 – source : Global Footprint Network). Dans ce contexte, penser le développement urbain durable (DUD) de demain est de plus en plus essentiel.
Les trois niveaux de régulation
La question de la durabilité se pose à tous les niveaux de l’interaction entre l’homme et son milieu. Une stratégie de DUD en Chine doit donc distinguer au moins trois niveaux de régulation :
Les axes majeurs du DUD pour la Chine :
Tandis que le défi à relever est de taille, le gouvernement chinois a fait preuve ses dernières années d’une grande volonté politique, notamment visible dans l’apparition du “développement durable” comme objectif des plans quinquennaux, ou dans l’adoption d’un Programme National contre le Changement Climatique.
Les avancées de 2010
Dans le cadre du Plan National pour le Développement Economique et Social, 33,3 milliards RMB ont été investis par le gouvernement chinois, en 2010, pour atteindre les objectifs fixés en matière de conservation et réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), soit un budget en augmentation de 140% par rapport à l’année précédente. Ont été également mis en place des projets de promotion de produits “basse consommation” - avec notamment la mise en circulation de 30 millions de climatiseurs et un million de véhicules “basse consommation” - des projets pilotes de villes et provinces “basse consommation”, et des projets d’investissement dans les technologies propres.
Des progrès sensibles ont également était réalisés dans le domaine du traitement des eaux usées et du recyclage des déchets. En 2010, les capacités journalières de traitement des eaux usées ont accru de 19 millions de mètres cubes pour atteindre 76,9% de retraitement en zone urbaine. Pour ce qui est déchets, ce sont aujourd’hui 72,5% des déchets urbains qui sont traités de façon sécurisée.
Dans le même souci d’urbanité durable, le gouvernement chinois s’efforce d’accroître la justice sociale à la fois au sein des villes et entre les régions. En 2010, le nombre de participants urbains à l’assurance retraite de base a atteint 256,73 millions, dépassant les objectifs fixés.
Le développement durable : une priorité du 12ème plan quinquennal.
Malgré les grands progrès réalisés, ceux-ci sont encore insuffisants et beaucoup reste à faire dans le domaine du développement durable urbain, d’où la priorité donnée au DUD dans le 12ème plan quinquennal. La stratégie de développement urbain intégrée dans le 12ème plan accorde une plus grande place au développement humain et à la qualité de la vie urbaine.
Dans son rapport de mars 2011, la Commission Nationale pour le Développement et la Réforme dresse ainsi une liste des priorités pour 2011 :
Auteur :
M. César Castelain
Service de coopération et d’action culturelle
Sources :
http://french.china.org.cn/french/249774.htm
http://chine.aujourdhuilemonde.com/lempreinte-ecologique-de-la-chine-double-depuis-les-annees-1960
http://www.cstb.fr/fileadmin/documents/actualites/communiques_dossiers_presse/DP232_06_06_PDF.pdf
FNI Report 5/2009: Sustainable Urban Development and the Chinese Eco-City. Concepts, Strategies, Policies and Assessments, May Hald Rapport de la NDRC sur l’application du plan national de développement économique et social de 2010 et projet de plan national pour 2011, 4ème session du 11ème Congrès national du peuple 5 mars 2011
La pollution de l’eau et de l’air, la maîtrise de l’énergie et la sécurité énergétique constituaient déjà les principales préoccupations environnementales du 11ème plan. Le 12ème plan poursuit dans cette voie et ajoute une priorité : le changement climatique.
A l’invitation de l’AFD à Paris en juin dernier, M. Dai Yande, (Energy Research Institute, NDRC) a présenté les objectifs du 12ème plan (à horizon 2015 par rapport à 2010) notamment en matière d’efficacité énergétique :
et rappelé l’objectif de réduction des GES de 80% à horizon 2050 !
Le développement des échanges entre municipalités, experts et industriels français et chinois doit permettre de répondre à ces enjeux d’avenir.
Le déséquilibre entre les villes et les campagnes fait également l’objet d’une attention soutenue, avec une maîtrise de l’augmentation de la population urbaine (47,5% à 51,5% en 5 ans) qui doit permettre d’alimenter les gains de productivité nécessaires à la poursuite de la croissance chinoise, tout en préservant une capacité de production et la maintien de réserves agricoles (autosuffisance à 95% en céréales). Le savoir-faire français en termes d’urbanisme et de planification des transports pourrait être mis à profit auprès des municipalités chinoises pour réduire l’étalement urbain et promouvoir un développement qui limite la place de la voiture. Enfin les déséquilibres régionaux impliqueront un effort accru dans les provinces de l’ouest, tandis que les provinces de l’est se verront accorder une responsabilité particulière dans la restructuration de l’économie chinoise.
L’accent mis sur les questions de développement durable permettrait d’accélérer les projets dans ce secteur inclus dans notre dialogue bilatéral.
Les orientations du 12ème plan intègrent de manière importante l’ensemble des thématiques environnementales : efficacité énergétique, émissions de gaz à effet de serre, restructuration des industries ou protection de l’environnement. Les objectifs sont ambitieux : l’objectif de réduction de l’intensité carbonique (émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB) de -17% sur 5 ans apparaît pour la première fois pour contribuer à celui de 40% à 45% entre 2005 et 2020. La baisse de la consommation d’eau par unité de valeur ajoutée industrielle est maintenue à 30%, 11,4% de la consommation d’énergie primaire proviendra d’énergies non fossiles.
Le développement des industries « vertes » devrait donc se poursuivre, dans des secteurs sur lesquels les entreprises chinoises sont déjà bien positionnées comme l’énergie (éolien, panneaux photovoltaïques ou nucléaire) ou d’autres sur lesquels la concurrence chinoise se constitue (eau et déchets notamment). Des opportunités pourraient s’ouvrir s’offrir pour les entreprises françaises notamment en matière d’efficacité énergétique, d’énergie propre, de qualité de l’eau, de traitement des déchets ou des boues d’épurations ou de recyclage.
En matière d’efficacité énergétique, à la suite du programme de fermeture d’entreprises les plus énergivores, de nouvelles normes seront introduites en 2011 dans le bâtiment, et des programmes d’économie d’énergie seront lancés dans 10 000 entreprises fortement consommatrices. Une taxe environnementale ou un marché carbone pourraient être mis en place dans des provinces pilotes. La taxe sur les ressources naturelles et celle sur les produits consommateurs d’énergie seront augmentées. La tarification de l’énergie (carburant, gaz naturel, électricité) devrait être revue pour être adaptée aux différents usagers et prendre en compte l’origine de la production électrique (notamment énergies renouvelables).
Les bonnes pratiques environnementales devraient également aller de pair avec la hausse de la productivité des terres agricoles (emploi des amendements, utilisation de pesticides, mécanisation adaptée), un recours accru à l’usage des biotechnologies et l’utilisation des sous-produits de l’élevage (méthanisation notamment). La couverture forestière sera augmentée à 22,66% du territoire.
Les objectifs de montée en gamme des entreprises chinoises, vont s’inscrire dans une volonté politique très forte de soutien à l’innovation, alors que la R et D devra atteindre 2,2% du PIB à la fin du 12ème plan. 7 secteurs sont identifiés comme stratégiques : efficacité énergétique et protection de l’environnement, nouvelle génération des technologies de l’information, biotechnologie, équipements industriels technologiques, nouvelles énergies, nouveaux matériaux et véhicule propre.
La Chine continuera à développer un réseau de transports qui pourraient utiliser le savoir-faire français en matière d’inter modalité des transports.
La Chine est devenue il y a peu le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES). En 2005, elle était responsable de 19 % des émissions mondiales […]
Les émissions de CO2 […] peuvent s’exprimer comme le produit de quatre facteurs : population, revenu (PIB) par habitant, intensité énergétique du PIB et teneur en CO2 de l’énergie consommée. Parmi ces quatre facteurs, seule l’intensité énergétique du PIB a décru depuis 1980. Néanmoins, cette baisse s’est ralentie depuis 2000 en raison d’une hausse importante de la consommation électrique et de la demande énergétique de l’industrie, couverte par l’usage de charbon (80 % du mix électrique) et de pétrole. En parallèle, la croissance chinoise s’est poursuivie à un rythme rapide, expliquant environ 70 % de la hausse des émissions de CO2.
La Chine est déjà familière des marchés du carbone par sa participation au Mécanisme pour un Développement Propre (MDP). Le MDP, géré par la CCNUCC, a permis de lever des financements publics et privés de pays développés pour des projets de réduction d’émissions en Chine. Le gouvernement a mis en place avec succès un cadre favorable aux investisseurs du MDP – la Chine est à l’origine de 60 % des crédits MDP délivrés – et a également mis à profit le mécanisme pour influencer le développement de projets en cohérence avec ses objectifs nationaux […]